samedi 28 février 2015

Couvrez ce visage que je ne saurais voir


L’égyptien témoigne souvent de mœurs sensibles en matière d’habillement.
Néanmoins on peut observer à chaque coin de rue, sur tant de fonds d’assiette, imprimés sur des milliers de timbres, etc…  des torses nus et virils, des poitrines tendues aux divines proportions, sans que cela ne heurte leur si délicate pudeur.

En effet, la pirouette est aisée, pour que toute cette nudité soit "halal*" il suffira de mettre à ces corps aguicheurs une tête de faucon, d’ibis, des cornes de vaches, ou tant d’autres attifements de divinités multi-millénaires… 

Et c’est ainsi que la poitrine de la ravissante Isis peut décorer les tasses à café de toute la famille en toute impunité !!!

* terme issu de l'Islam qui veut dire licite, en opposition à "haram" qui veut dire interdit ou illicite.


[Égypte - Le Caire - 28/02/2015]

mardi 24 février 2015

Les anges ne sont pas sexués... les femmes, oui, et visiblement ça dérange !


Puisque l’Egypte, se prétend "Oum el Dounia*" (*Mère du monde), nombre de divins petits personnages doivent fourmillés en ses cieux.
D’ailleurs il est une manifestation bien physique de ce phénomène.
Afin de nourrir cette multitude céleste, de petits paniers chamarrés, à une ficelle reliés, choient du ciel.
Une voix se fait alors entendre,
Le boutiquier oyant  la vénérable requête s’empresse d’y pourvoir, et la manne pourvue regagne alors ses hautes sphères.

Ceci est la version onirique du phénomène !!!

Car si les faits sont bien réels, les origines sont pourtant tout autre…

Bien des femmes n’ont guère la possibilité de quitter leur domicile sans l’aval de leur époux, elles se voient donc contraintes à cet artifice pour satisfaire les besoins du foyer.*

Oum el Dounia vit enfermée de nos jours !


* Notons, que ce panier est aussi à usage pratique, et ne répond pas uniquement à des restrictions de déplacement.

[Égypte - Le Caire - 25/02/2015]

Sport et fierté


Mon chauffeur de taxi m’expliquait aujourd’hui que conduire au Caire demande une attention et des réflexes inouïs… puis ajoute que c’est un sport,
J’en conviens…
Dans mon fort intérieur (faible pour le coup), je constate que ce dit sport ne fait pas suer celui qui le pratique, mais le "supporter" !
Je complète alors sa phrase en ajoutant : « Un sport extrême ! ».
« Ha, ha, ha », bouffi de suffisance, il lâche le volant pour chercher une cigarette !

A peine plus tard, il revient à la charge* (* précisons bien, qu’il s’agit là de la discussion, car il n’a jamais cessé d’être à la charge en matière de conduite) et m'explique que certes la concentration est une chose, mais la pièce maitresse de tout cet art reste un puissant klaxon.
Encore une fois : J’en conviens, …
Le lendemain, un Hummer fonce dans ma rue (encore un sportif !), les hurlements de ses quadri-sirènes chromées, montées sur ses barres de toit, feraient passer la complainte de l’ambulance pour un rossignol.

… Au Caire, l’échelle sociale se mesure aussi en décibels !!!

[Egypte - Le Caire - 24/03/2015]

lundi 23 février 2015

Savoir se recycler...


Son micro-camion Suzuki est tombé en panne rue Ahmed Saïd,
Qu’à cela ne tienne,
Après avoir dégoté, allez savoir comment, 4 grosses pierres (tout de même fort semblables à des bordures de trottoir), l’engin est sur cales !
Une fois tout le superflu à l’intérieur arraché, c’est à dire tout ce qui peut servir à une quelconque forme de conduite, notre ingénieux ex-chauffeur y installe réchaud, bouilloire, étagères, récipients, etc…
Et voilà l’ancienne épave Suzuki, devenu le nouveau p’tit troquet du coin !

Remarquez, qu’il y a quelques temps*, notre prestidigitateur mécanique, se contentait de son échoppe,
Maintenant, une table y est déjà cadenassée (aux heures de fermetures),
Gageons que dans 6 mois, il aura investi la totalité du trottoir et la moitié de la route, 
Ainsi vont les affaires !

* lors de mon dernier séjour au Caire

[Egypte - Le Caire - 25/02/2015] 


dimanche 22 février 2015

Prendre le problème à l'envers !


Comme dans bien des pays, les chauffeurs de taxi agglutinés à l’aéroport du Caire sont des vautours aux griffes acérés. Et comme de dignes vautours, on peut affirmer sans détour qu’ils volent.
Ils se sont tous mis d’accord pour annoncer des courses aux tarifs exorbitants et évidemment leur compteur ne fonctionne jamais. 

Or il existe une parade (amis lecteurs restez discrets, car si le filon s’ébruite il risque de se faner).
Rejoignez tranquillement (ce qui veut dire en essayant de se défaire des 23 rabatteurs au sourire carnassier), le hall de départ de l’aéroport, souvent à un autre étage. Une fois arrivé ici, les harponneurs vous auront lâché, car plus de doute, vous frisez la débilité : "à peine arrivé et déjà sur le départ ! "
De là sortez sur le perron et attendez un chauffeur qui vient de débarquer son client, attrapez le à cet exact instant. Son calcul est très vite fait ; lui peut repartir de suite (sans avoir à attendre que les centaines de collègues qui le précèdent sur la chaussée du Hall d’arrivé soient partis) et s’il refuse le tarif convenu la concurrence est 5 mètres derrières ! 

Autant dire que l’affaire est vite pliée !

[Egypte - Le Caire - 22/02/2015]