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dimanche 3 juillet 2016

Confessions d'un fumeur !


Non, je ne fume pas le narguilé afin de "déglutir produits de combustion" 
Mais
Je fume,
Parce que ces glougloutements vibrent au diapason des harmonies de la rue,
Pour occuper cette autre main qui ne noircit pas les pages mon fidèle carnet,
Pour ses volutes qui brouillent mon horizon d’éphémères arabesques,
Parce que ses effluves ennuient les mouches qui elles-mêmes m’ennuient.
Pour faire comme les grands,
Pour cette légère ivresse qui brouille les idées et titille l’inspiration,
Parce qu’il est le compagnon des rumeurs des rues qui vivent.
Bref, si je fume le narguilé c'est par plaisir ! 
 
[Palestine]

Palestine - Ce que tu m'as enseigné


Fouler les terres de Palestine,
Restaure toute la dimension du mot "liberté", en nous crachant au visage tous ses opposés. 
Sonne le rappel à ne pas plier l'échine, 
Dispense le courage de ne pas devenir fataliste.
L’excès de modération est un mal.
Ne devenons pas des peuples défaitistes, soit disant dépossédés des rênes de nos pays !
Ne nous vautrons pas dans la facile complaisance du : "Mais moi, que puis-je faire ?!" 
La rue est la page vierge où nous taillions le sillon de nos choix. 

[Palestine]

Vegan chicken !


Aujourd’hui une amie végétalienne refusait du poulet.
Son interlocuteur, alerte, a alors rétorqué que ce poulet n’avait oh combien jamais mangé de viande, nourri uniquement à la graine et qu’il avait toujours humé en plein-air. » 
Il a clos sa tirade par : « It’s a Vegetarian chicken !! » 

Je n’ai jamais compris s’il plaisantait ou non …

[Palestine] 

jeudi 23 juin 2016

Oh Palestine


Dans ce wadi je souhaitais ouïr le chant de la cascade,
Mais ce fut les vociférations vaniteuses des avions, seules, qui grondèrent.
Au sein cette campagne, je souhaitais quérir quelques ombrages sous les oliviers,
Mais ce fut l'étincelle incisive des barbelés qui m’aveugla.
Au cœur de cette ruelle, je souhaitais sentir vibrer les cafés bondés,
Mais ce fut la morsure froide de l'acier de la barrière qui me contraint.
Vers ces modestes villages, je souhaitais glaner légendes des anciens,
Mais ce fut la complainte des femmes en noir qui m'accueillit,

Je souhaitais contempler la Palestine,
Mais se fut l'œuvre qu'Israël y entreprenait qui partout s’imposa… 

[Palestine] 

Le maton qui se mord la queue


Ma terrasse surplombe la prison de Bethlehem.

Sous les grilles des prisonniers disputent une partie de ping-pong, que je ne peux décemment pas qualifier "d’endiablée" l’association des termes serait trop inquisitrice, disons plutôt "pleine de fougue" !

Sur le toit, les geôliers, un peu plus chaque minute, se ramollissent dans leurs chaises,
S’évaporent sous un soleil hilare,
Se répandent en flaques d’ennui,
Pourrissent de désœuvrement, …

Où, quand l'acte d'emprisonner devient détention mutuelle !!

[Palestine]

L'horizon des possibles


Ce soir la brume enlace de ses tendres bras Bethlehem,
Mon regard se noie dans ses filaments,
Au loin, toutes les colonies, le mur, les miradors s’effilochent, se vaporisent, s'évanouissent !
L’étreinte se fait plus forte encore,
Les dernières parcelles de discernement succombent à l'abstraction
Oh soirée de joie : La Palestine est libre !

[Palestine]

dimanche 22 mai 2016

Ces vigoureuses après-midi d'été


Regarder la rue, …
Abîme d’ennui,
Une après midi, cent après-midi,
Les yeux, qui ne distinguent rien, noyés dans le "juste devant",
Saluer, saluer encore… Ah ! serrer une main (c'est un notable) !
Être peu à peu happé par le tabouret,
Pétri de l’odeur du tabac,
Puis recommencer,
Regarder la rue, … , …
Hocher la tête, hisser une main,
S’engluer dans un excès de déjà revu,
Se confondre dans l’ambiance,  
Puis recommencer,
Regarder la rue, …, …, …
Soudain ! … Une vague de trois fois rien, déjà lissée par l’immuable pilon de la répétition,
Contempler son verre vide, comme une captivante animation de table,
Voilà mille ans qu’ils passent, … A moins que ce ne soit un rêve,
Puis recommencer,
Et enfin, regarder la rue, …, …, …, …

[Palestine] 

lundi 21 septembre 2015

De nos jours l'appel à la prière est l'apanage de haut-parleurs, sans quoi le muezzin aurait aussi pris sa part !


Le gardien de la mosquée d'Ispahan tout à la corruption accoutumé, 
Nous propose moyennant une petite somme d'aller mirer la ville du haut du minaret.

Après négociation rondement menée, 
Nous contemplons les magnificences de la cité, 
 … Mais à quatre pattes pour que nos pratiques alambiquées ne soient pas repérées.
A la redescente, il s'avère que la porte d'accès a été trop subtilement refermée, 
Impossible de nous échapper du minaret !
Déconcerté, notre compère doit appeler un confrère afin de nous libérer.

5 minutes plus tard l'affaire est bouclée … mais à n'en point douter le bakchich aura été partagé et l'affaire largement ébruitée !

[Iran - août 2015] 

lundi 14 septembre 2015

3,2,1 zéro ... voilage


- Départ du vol Istanbul – Téhéran : 6 passagères dissimulent leur chaste chevelure sous les voiles de l'obéissance religieuse.
- Atterrissage du vol Istanbul – Téhéran : 98 % des femmes étouffent leurs folles crinières sous des voiles de l'obéissance aux lois théocratiques.
- A la stricte seconde de la sortie du vol Istanbul – Téhéran : 3 jeunes femmes jettent nonchalamment un bout d'écharpe sur leur chignon.

Quand la rébellion contre le régime se mesure en unité de temps de "cheveux libres" !

[Iran - Août 2015]

mercredi 2 septembre 2015

Dévoiller les statistiques...


Qui peut prétendre savoir déterminer la part des femmes qui portent le voile par convictions religieuses et celles qui l'endossent par contraintes sociales ?

Le vol Istanbul – Téhéran se révèle être l'instrument adéquat de mesure.
A l'embarquement, seule une femme sur dix avait la tête couverte.
A la sortie, théocratie oblige, toutes s'affublaient de l'habit légal.

Si l'on accepte de reconnaître que :
- La foi n'est guère subordonnée aux emplacements géographiques,
Et
- Qu’aucune variation thermique drastique ne pouvait justifier un regain d'habillage,

Il en résulte que sur le seul échantillon d'analyse, que fut l'éprouvette Pegasus Airlines Istanbul-Téhéran, fort peu de gentes dames revêtaient l'habit halal par convictions !!!
 
[Iran - Août 2015] 

lundi 27 avril 2015

Coucher de soleil sur le ghetto de Bethlehem


Oliviers confisqués aux habitants de Bethlehem suite à la construction du mur...



[Territoires palestiniens occupés – Bethlehem – 27/04/2015]

Al Walaja - de retour en Palestine...




[Territoires palestiniens occupés – Al Walaja – 26/04/2015]

lundi 9 mars 2015

La presse, c'est comme la politique ... c'est un d'job, un vrai !!!



Au sein du  journal francophone "Le progrès égyptien", daté du vendredi 6 mars 2015, dans un article intitulé "Remaniement ministériel restreint : 8 portefeuilles changent de titulaires" le lecteur restera coi en découvrant la phrase suivante :
«Le chef du gouvernement à justifié sa décision en ces termes : "Il n'y a pas de raison précise derrière ce remaniement, le gouvernement travaille depuis près d'un an, et c'est possible de procéder à un changement" »

Ubuesque ! Est-il seulement possible de se moquer à ce point du peuple ?

Après ma stupéfaction, j'ai trouvé la clef de l'énigme. Elle est pourtant flagrante : "8 portefeuilles changent de titulaires", et c'est bien là un des leitmotivs des gouvernants égyptiens !

Quant à la politique ? Pourquoi s'en embarrasser ? La justifier ? Alors même que le système démocratique cristallin, donne l'assurance à ces messieurs de ne jamais rester trop distant des portefeuilles !!!   


[Égypte - le Caire - Mars 2015]

vendredi 6 mars 2015

Chérie, je suis Musulman maintenant !


Un ami m’explique que le divorce n’existe pas chez les Coptes* (et le mariage civil n’excite pas en Égypte)
Aussi, s’il souhaite se séparer de sa femme, il faudra pour cela qu’il quitte sa religion et adopte l’Islam qui le permet.
Il omet de préciser, à ce point de la discussion, que s’il venait à changer de religion, cela reviendrait aussi à rompre les liens avec sa famille, ses amis, car la conversion est perçue comme une trahison en Égypte.

* La loi en vigueur appliquée aux chrétiens date de 1938 et n’a jamais été reconnue par l’Eglise. Cette loi reconnaît une dizaine de conditions pour accorder le divorce aux citoyens chrétiens, alors que, pour l’Eglise, celui-ci n’est permis qu’en cas d’adultère ou de changement de religion. [Source : La bataille pour le mariage civil]

[Egypte, Le Caire, 06-03-2015]

La relativité autour « du plus grand »


Aujourd’hui en me rendant à proximité de l’esplanade de la mosquée Al-Hussein dans le quartier du vieux Caire islamique pour la grande prière du vendredi, je constate que les militaires nous y accueillent fusils pointés.
Certes, le prêche n’aura de cesse de rappeler qu’Allah est le plus grand,
Mais visiblement pour rappeler aux fidèles qu’ils sont les plus petits, l’armée égyptienne a aussi ses méthodes. 

[Egypte - Le Caire - 06-03-2015]

mercredi 4 mars 2015

Etude chromatique


Le fil à linge auquel pendouille les fripes roses-bonbons témoigne de la machine à laver des gamines,
Le fil à linge aux vêtements beiges-gris, celle des hommes,
Le fil à linge hérissé de noir est celui des anciennes, des veuves, 

Deux catégories se partagent donc le reste de la palette des couleurs, les enfants de sexe mâle et les charmantes demoiselles à la fleur de l’âge. 


[Egypte - le Caire - 04/03/2015]

Cléopâtre parlait l'égyptien, le grec ancien, le latin et l'araméen.


Il y a quelques années, les commerçants du Khan se gargarisaient d’alpaguer le client en français, en italien, …
De nos jours, c’est en chinois qu’ils déglutissent leurs slogans.
Ainsi va la roue du monde, d’anciens empires sombrent et d’autres naissent, … le commerçant, lui, s’adapte ! 

[Egypte - Le Caire - 04/03/2015]

Mais quelle pourra être la posologie ?


Il est deux heure du matin,
La ruelle est déserte,
Le motocycliste s’y engouffre et la remonte en staccato de klaxon !

Ce phénomène relèverait-il d’une peur ancestrale ?
Appréhenderait-il d’écraser quelques Djinns errants ?

Je crains que ce ne soit plus grave, et que cette pathologie ait contaminé tant de Cairotes ; elle pourrait être décrite comme : "l’angoisse du silence". 


[Egypte - Le Caire - 04/03/2015]

Victime de la pub !


La femme en niqab qui me précède garnit son panier de canettes de RedBull,
Je constate qu’en proie aux campagnes publicitaires extrêmes de la marque, je n’imaginais pas que la dite boisson pouvait toucher un tel public.
Puis, goguenard, je me prends à imaginer leur prochain spot de communication affublé de cette tenue ! 

[Egypte - Le Caire - 04/03/2015]

lundi 2 mars 2015

Derrière ces écrits (réflexion sur leur nature)


Ces quelques écrits s’égarent-ils tantôt dans une forme d’orientaliste, et ne reflètent-ils qu’une vision parcellaire de sociétés complexes aux visages multiples ? 
J’accepte cette objection, au moins pour une part.
Ces articles griffonnés, n’ont aucune ambition scientifique, ni journalistique et pourtant je leurs prête une vertu descriptive non galvaudée. Ils ne sont que de simples captures d’instants de vie, l’apanage d’une seconde vibrante, causasse ou tragique. Je les souhaite d’ailleurs teintés d’une large part d’humour et d’ironie.
J’espère pour autant, qu’ils ne laisseront pas croire, qu’une superficialité aguicheuse sont leur essence.
Ils n’ont aucunement pour prétention de brosser un tableau social exhaustif, car le propre d’un  focus est de se concentrer sur un élément particulier, sans ériger tout un contexte propre au dit événement.
D’ailleurs, si tel devait être vos attentes, détournez vous assurément de ces écrits, et plongez vous vers tant d’ouvrages ethnographiques, journalistiques de qualité. 
Les termes « Égypte » ou « Caire » font naître tant de fantasmes, distillent tant d’illusions superficielles et orientalistes. Pourtant est-on en droit d’employer le terme égyptien autrement que pour mentionner un citoyen du dit pays ?
Dois-je préciser que je sais que l’Égyptien, n’est pas plus une entité que le Français ? Et que je sais contrairement à d’autres, que l’identité nationale est non seulement une erreur grave, mais en plus un danger profond ? Oui, la circulation du Caire est aussi l’apanage de rutilantes Mercedes, on peut tout à fait y déguster de très bonnes glaces italiennes, y partager une discussion cérébrale avec un interlocuteur parfaitement francophone.

A ce stade, je me permets aussi de préciser que je suis également conscient, que je ne puis tout à fait m’extirper de mon cocon éducatif, je resterai (aussi importants soient mes efforts en la matière, et ils le sont) le fruit que de mes apprentissages (système scolaire et famille), mes amitiés, mes lectures...
Aussi ma sensibilité s’exerce au travers de ces canaux qui m’ont érigé en modeste penseur.
Certes, je m’émancipe, plus à chaque rencontre, à chaque dialogue, à chaque lecture, de ma stricte vision d’européen* (* mot qui, après ce que je d’écrire, ne porte plus guère sens).
De plus en plus souvent je confronte mes idées, les nuances s’affirment, les surcouches lourdes de clichés s’érodent. Et je puis affirmer sans détour, qu’au jour d’aujourd’hui, ce sont plus les interlocuteurs palestiniens, égyptiens, les religieux, les journalistes étrangers,… qui nourrissent le plus abondamment mes réflexions.

C’est même devenu pour une grande part l’essence même des mon goût avéré pour le voyage.