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lundi 3 octobre 2011

Lié au mat de la langueur ... ce chant que j'entends mènera-t-il au naufrage ?


Acculé à la torpeur par l'étreinte étouffante de l'astre si fier,
Sans échappatoire possible,
Donc reclus au sein même de mon corps qui s'enlise et se tort,
L'esprit diminué, je me love alors lentement, mais irrémédiablement, dans une demi-léthargie exaltée par la lancinante rengaine de cette après-midi paysanne :

"… Ce claquement sec de l'amande verte qui éclate sous la dent,
Un lointain cliquetis d'une vaisselle tardive,
L'étincelle du briquet qui si régulièrement inaugure le rituel tabagique,
Quelques éclats de voix tantôt relayés, tantôt étouffés,
Le babil bêta du narguilé,
Puis, un gloussement d'une poule de passage, …"

Ainsi, est chantée la complainte de cette après-midi cramée au Proche-Orient.

[Liban, Barqa, Juillet-août 2011] 

dimanche 2 octobre 2011

Torpeur trompée ...


Allongé,
Figé dans un écrin de chaleur.
Pincé de perles de sueur.
Accablé d'un entier silence, témoin, s'il en fallait un, de la grande barbarie solaire achevant de mater à l'extérieur tout ce que le "bio" a enfanté.
Mirant, comme hypnotisé une danse légère et ennuyeuse d'un rideau lâché.
Réfugié dans l'ombre précieuse dispensée par d'épais murs, ça et là écartelés par quelques dagues solaires assaillants de maigres fenêtres.
Individu de cette espèce humaine tout entière calfeutrée dans son inéluctable sieste ;
mais qui toujours est perturbée par l'immuable et universellement agaçant ballet de vulgaires mouches.
Poitrine alors fébrile, se bombant si fréquemment qu'elle ne manque point de trahir un évident manque de sérénité.
Puis, absurde témoin de moi-même, se voir quémander puérilement quelques miséricordes à Hélios…

Aussi, plutôt que de quérir d'improbables sommeils, j'écris... j'écris cette sieste trompeuse et désormais trompée.

[Liban, Juillet-août 2011]